
Lydie Bonandrian Montels : « Certains mandalas peuvent libérer les mémoires des maisons. »
7/17/2026



L’Institut français de Vastu a harmonisé des milliers de lieux depuis sa création en 2015 et il a formé des centaines de personnes à cette science sacrée de l’habitat dont le feng shui est l’héritier. Lydie Bonandrian Montels en est la co-directrice avec son mari Laurent Montels, avec qui elle a également écrit Vastu Shastra, un art traditionnel pour être bien chez Soi (2023, Dervy Tredaniel).
Dans le cadre du Vastu shastra, c’est-à-dire du Vastu appliqué à l’habitat, elle crée de très nombreux mandalas qui sont ensuite posés sur des points précis des lieux à harmoniser. Ils peuvent également être utilisés dans un but méditatif et thérapeutique, ou simplement être posés sur des objets ou dans des endroits stratégiques en relation avec les énergies des mandalas (porte-feuille, dossier administratif). Quelques dizaines de mandalas sur les centaines que Lydie a créé et qu’elle propose à la vente ont été rassemblés dans un livre : Le pouvoir des mandalas Vastu, une porte ouverte sur la connaissance de soi (Anjali éditions).
Quand Lydie Bonandrian Montels fonde l’Institut français de Vastu en 2015 avec Laurent Montels, auprès de qui elle a appris le Vastu, la formation proposée est très structurelle. Elle consiste à donner des outils pour redessiner ou corriger énergétiquement un lieu dans le but de le ré-harmoniser. Lydie sent alors, sans pouvoir l’expliquer, que quelque chose d’important peut être développé en lien avec les couleurs, elle qui a fait les beaux-arts, et est dans une recherche de graphisme, de création picturale et d’art numérique. Au fil des synchronicités, les mandalas lui apparaissent comme de puissants outils d’harmonisation des habitats. Elle les place d’abord de façon totalement intuitive dans les maisons. Les réactions sont puissantes, sur le lieu mais aussi chez les habitants qui, plus d’une fois, se mettent à pleurer après la pose des mandalas.
Confrontée aux interrogations des élèves en formation à l’Institut (« comment ça marche ? »), Lydie cherche à comprendre pourquoi ces mandalas dont elle a eu l’intuition sont si puissants. Elle trouve une partie de ses réponses dans la géométrie sacrée, elle identifie des équivalences aux mandalas dans les différentes cultures, elle étudie Jung qui avait eu l’intuition de se servir de la force du mandala dans une approche thérapeutique, elle s’intéresse également aux lieux sacrés.
Lydie découvre ensuite ce qu’est le Purusha, l’esprit de la maison qui est représenté par un homme dans un carré. Certains points énergétiques de ce Purusha ne doivent pas être obstrués ou entachés, au risque de créer une décompensation émotionnelle et physique chez les habitants. C’est précisément pour les libérer que Lydie propose aujourd’hui une marmathérapie de la maison qui consiste à poser des mandalas sur ces points.
Dans cette seconde partie d’entretien, Lydie Bonandrian explique comment elle place ses mandalas dans les maisons afin de les harmoniser.
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Chiron – En quoi consiste la marmathérapie, que vous pratiquez ? Vous faisiez, par ailleurs, une distinction dans la première partie de l’entretien entre ce qui relève du structurel et ce qui relève de l’intuitif mais vous indiquiez qu’il y avait une interpénétration entre ces deux sphères. Le mandala peut-il apporter un remède à un problème structurel ?
Lydie Bonandrian Montels - La marmathérapie de la maison est la pose de mandalas dans la maison. Elle vise à ce que les zones marmas, c’est-à-dire les points énergétiques du Purusha, cet esprit de la maison représenté par un homme et intégré à la forme de la maison que j’évoquais en première partie, soient libres. Elle est l’équivalent de la marmathérapie pratiquée en Ayurvéda qui agit sur les points marma du corps. Dans des maisons en U, des maisons avec des extensions, on doit parfois repérer les points énergétiques avec des outils plus sensibles tels que le pendule. C’est un travail particulièrement délicat qui demande beaucoup d’expérience, avec des risques d’erreurs important.
Les murs porteurs, les escaliers, les gros meubles, et tout ce qui est de l’ordre des fuites énergétiques (toilettes, lavabos), s’ils sont situés dans des zones marmas, peuvent poser problème. Un mandala peut permettre alors de redonner de la vitalité, de désobstruer (on ne le place pas dans les toilettes par contre, qui sont un lieu d’évacuation). Il s’apparente à une intervention sur un point acupuncture.
Les éléments sont un autre problème structurel sur lequel un mandala peut agir. Des espaces de la maison sont liés à l’air, à la terre, à l’éther, au feu et à l’eau. Si dans la zone eau se trouve une cuisine avec des points de cuisson, le feu et l’eau ne sont pas bon ménage, notamment pour tout ce qui est du registre de la circulation, et la vitalité se trouve absorbée par une grande lourdeur. Il est alors possible d’apporter en remède un mandala de vitalité, ou un mandala relié à l’élément de l’eau, comme par exemple Poséidon qui peut en être le symbole.
Les mandalas, enfin, peuvent libérer des mémoires. J’entends par là notamment des événements lourds qui se sont passés dans des pièces et qui les ont imprégnées. Le mandala de la mère divine est très puissant pour permettre une dé-cristallisation des mémoires. Je préconise d’allumer une bougie et de laisser faire. Je crée des mandalas depuis des années, et pourtant je suis encore surprise par cette puissance !
« La pose des mandalas est un travail subtil. »
Quelle place a la connaissance et quelle place a l’intuition dans la pose du mandala ?
Le maître vastu se fonde sur ses connaissances sur les attributs des différents secteurs de la maison. Le secteur centre est, par exemple, en phase avec l’élément terre, avec l’ancrage, le nombril, tout ce qui est une forme de nourriture et d’abondance.
Mais le maître vastu se fonde également sur sa sensibilité car il y a des lieux qui refusent la théorie. Ils nous amènent à développer notre créativité et notre intuition, à faire de nous des artistes en quelque sorte. Toutes les maisons sont différentes, autant que les individus. De même qu’un bon médecin s’adapte en écoutant son patient, de même un maître vastu ressent les différentes vibrations en fonction de là où le mandala est placé et il en déduit où le mettre.
La pose des mandalas est un travail subtil. Les zones marmas où on les place la plupart du temps sont de taille assez variables. Si elles peuvent s’étendre jusqu’à 1 mètre de diamètre, il y a des mandalas qui, à quelques centimètres près, résonnent plus que d’autres, c’est-à-dire qu’ils vont être plus ou moins puissants.
Vous avez créé un oracle des mandalas, dans quel but ? Vous aide-t-il à placer les mandalas ? Peut-il servir à un expert Vastu ou à un individu lambda, même s’il n’est pas expert, pour choisir quel mandala vous commander en réponse à une problématique qu’il a identifié dans sa maison ou qu’il ressent ?
J’ai créé cet oracle, au départ, pour permettre aux élèves de mieux connaître les mandalas, d’entrer en lien avec eux et de développer leur ressenti. Puis j’ai eu envie d’ouvrir ce travail à un public plus large, car chaque mandala porte en son centre un symbole, et ce symbole peut être porteur d’une force ou d’une information.
L’oracle n’est pas conçu pour délivrer des injonctions du type « vous devez faire ceci » ou « vous devez faire cela ». Il fonctionne davantage par aphorismes et par images qui viennent toucher la psyché de la personne qui les reçoit. Il est bien sûr ouvert à tous et ne s’adresse pas uniquement aux experts du Vastu.
Pour une personne qui souhaite choisir un mandala en réponse à une problématique particulière, elle peut se rendre directement sur le site Vastu Mandala et chercher le mandala qui lui correspond. Mais la démarche la plus complète reste une séance de marmathérapie de la maison en visio. Nous identifions alors ensemble les problématiques de l’habitant et de l’habitat, ainsi que les points concernés, puis nous définissons les mandalas les plus adaptés. La personne les reçoit ensuite et je l’accompagne dans leur pose afin de valider avec elle leur emplacement exact.
Cette offre est d’ailleurs en cours d’évolution, car je me rends compte que l’accompagnement après la séance est beaucoup plus important que je ne l’avais initialement envisagé. Le contenu de l’offre et son tarif seront donc actualisés très prochainement sur le site.
Quelle importance a la couleur pour la pose des mandalas, sachant que c’est cet attrait pour la couleur qui vous a conduit à les créer ?
. Je travaille surtout autour des symboliques associées aux couleurs. Les couleurs sacrées sont le violet et l’or car elles sont très liées à la spiritualité. La couleur jaune est liée à la vitalité. La couleur bleue est liée à la paix. La couleur verte est liée à la guérison. La couleur rouge est liée à la couleur du désir, et beaucoup plus reliée aux chakras du bas.
Je ne suis pas spécialiste de cette question. Cependant, j’ai remarqué que lorsqu’on posait un mandala sur un mur en harmonie avec ses couleurs, par exemple un mandala jaune sur un mur jaune, ou à côté d’un objet de décoration aux couleurs similaires, l’énergie se déploie encore plus.
« Si un mandala se décolle, en général, c’est qu’il est temps de le changer. »
Une fois que la marmathérapie a été effectué, quelle durée d’action a le mandala dans la maison ?
Autant le travail structurel, à l’aide de marbre et de cuivre, dure pour tout le temps, même si certains aménagements peuvent être revus au fil du temps et de l’évolution du lieu de ses habitants, autant les mandalas sont amenés à bouger en fonction de notre évolution. S’il se décolle, en général, c’est qu’il est temps de le changer. Il n’apportera pas de nuisances mais il ne sera tout simplement plus d’actualité.
Pour aider des personnes qui ont du mal à s’affirmer ou qui ont connu des abus, pour couper avec des liens toxiques même si cela peut être rude, il est possible de placer ponctuellement Durga, la femme de Shiva et sa version féminine, qui représente la guerrière, sur le point sexe de la maison. En d’autres termes, il s’agit de placer un mandala Durga au niveau du point sexe de l’esprit de la maison, le Purusha, que l’on a intégré dans la forme de la maison. Quand le processus a trouvé un aboutissement, on conseille de poser un autre mandala sur ce point vital qui pourrait être l’épanouissement féminin ou l’abondance par exemple.
Des mandalas peuvent-ils être incompatibles entre eux ?
Les mandalas que nous faisons appartiennent à deux registres différents. Il y a des mandalas des énergies de la nature et des éléments, et il y a des mandalas avec des symboles majeurs des traditions orientales ou occidentales. Ils ont chacun d’entre eux une force intrinsèque donc on peut les utiliser simultanément.
L’incompatibilité qu’il peut y avoir au niveau des mandalas va se situer ailleurs, dans la symbolique, l’histoire de l’habitant et de l’habitat lorsqu’ils ne vont pas dans le même sens. Si une personne veut avoir davantage d’abondance dans sa vie, elle peut mettre un mandala de Laskhmi et elle peut aussi placer un mandala de l’archange St Michel afin qu’il coupe les liens toxiques avec le passé. Or, peut-être qu’en coupant les liens toxiques la personne va être confrontée à la nécessité de couper elle-même avec une problématique du passé expliquant ses difficultés à recevoir l’abondance. Ce n’est donc pas un choix judicieux. Dans ce cas, au lieu de St Michel, on pourrait conseiller un mandala de l’arbre sacré pour réhabiliter les racines, soigner la lignée plutôt qu’un mandala qui vise à couper les liens toxiques.
Il peut arriver, également, qu’il y ait une incompatibilité entre un mandala et une personne. Si quelqu’un a un rapport de rejet ou dogmatique à une religion, le risque est qu’elle projette quelque chose de négatif sur le mandala, or c’est aussi une forme de miroir.
Les livres conseillés par Lydie Bonandrian Montels :
– Les Divinités de l’Inde d’Alain Daniélou, qui est pour moi une référence extraordinaire sur les divinités indiennes.
– Les ouvrages de Sri Aurobindo et de Mère, qui sont d’une grande puissance.
– L’Ancien Secret de la Fleur de Vie de Drunvalo Melchizedek, pour la géométrie sacrée.
– Notre livre Vastu Shastra, un art traditionnel pour être bien chez Soi, car il existe finalement assez peu de références complètes sur le sujet en français.